Logiciels d'analyse qualitative en sciences humaines et sociales

Date: 

09/26/2008 (All day)

Deux séminaires donnés pas Christophe Lejeune un collègue de l’Université de Liège, spécialiste des méthodologies qualitatives, sociologue des sciences et développeur en logiciel libre. Il a développé le logiciel libre "Cassandre" qui permet l’analyse qualitative collective des données. Il viendra nous présenter ce logiciel à l’occasion de ce séminaire du 26 septembre.

Christophe Lejeune animera au LabCMO ce séminaire de 9h30 à midi le vendredi 26 septembre : "Quand l’analyse qualitative devient collective : le logiciel libre Cassandre"

Résumé :

Un grand nombre d’outils se proposent aujourd’hui d’assister le chercheur dans l’analyse qualitative de corpus de textes, d’images ou de vidéos [1]. Conçus sur le modèle du traitement de texte personnel, la plupart d’entre eux ne facilitent pas le travail à plusieurs. Nous présenterons ici le projet Cassandre [2], issu de la rencontre d’un sociologue qualitatif avec une équipe interdisciplinaire oeuvrant au soutien informatique d’interprétations collectives de données, regroupés au sein du groupe de recherche Hypertopic sur le Web Socio-sémantique [3].

Après le séminaire au LabCMO, Christophe Lejeune fera une conférence au CIRST de midi 30 à 14h30 : "Appareillage informatique et logiciels d’analyse qualitative en sciences humaines et sociales : réflexions épistémologiques et méthodologiques"

Résumé

L’histoire des logiciels d’analyse qualitative en sciences débute dans les années soixante. Il faut cependant attendre les années quatre-vingt et l’avènement de la micro-informatique pour voir se multiplier ces outils. On peut regrouper les dizaines d’outils existant à ce jour en quatre familles selon que les traitements soient (ou non) automatisés et que le logiciel prend en charge l’exploration ou l’annotation du matériau : les lexicomètres, les concordanciers, les automates et les CAQDAS. Bien entendu, les logiciels existant proposent chacun un grand nombre de fonctionnalités (susceptibles de relever de différentes familles); notre distinction porte donc sur les fonctionnalités plus que sur les outils.

Chacune de ces familles relève d’une tradition que remonte à bien avant l’ère de l’informatique (les concordanciers, par exemple, datent du XIIIe siècle). Celle-ci a participé à forger une technique congruente avec ses fins et son matériau. En explicitant la configuration historico-technique des différents logiciels proposés aujourd’hui au qualitativiste, on se rend compte que - contrairement à ce qui est professé et pratiqué - les différentes fonctionnalités s’appuient sur des présupposés épistémologiques plus ou moins pertinents selon le matériaux et la question de recherche. En définitive, on voudrait inviter les chercheurs en sciences humaines et sociales à une réflexion méthodologique et épistémologique sur l’appareillage informatique constitutif de leur dispositif méthodologique.

[1] http://analyses.ishs.ulg.ac.be/logiciels/

[2] http://cassandre-qda.sourceforge.net/

[3] http://hypertopic.org/

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